LES CHAMBÈRIÈRES

British Museum

British Museum

 

*

 

LES  CHAMBÈRIÈRES

 

*

 

Cette farce parisienne (elle ne sort pas du Quartier Latin) est égrillarde et anticléricale. Imprimée vers 1550, elle est plus ancienne qu’on ne le dit : beaucoup de pièces du XVe siècle ont été imprimées au XVIe, après un dépoussiérage plus ou moins agressif. Les vers 138 à 150 semblent se référer aux années 1451-1454 : les étudiants parisiens se livrèrent à des émeutes lorsqu’on leur reprit la pierre du Pet-au-diable qu’ils avaient dérobée. La garde tira, un étudiant fut tué. François Villon a connu ces échauffourées sanglantes, qu’il évoque quelques années plus tard dans le Testament : « Je luy donne ma librairie/ Et le Rommant du Pet-au-deable. » Il fait ce legs à Guillaume de Villon, son père adoptif, qui était chapelain de l’église Saint-Benoît-le-Bétourné (nommée au v. 139), rue Saint-Jacques. Dans la même rue se trouvait alors la taverne du Mortier d’or (nommée au v. 150), que Villon cite dans le Laiz : « Item, laisse le Mortier d’or/ À Jehan l’espicier de la Garde. » Le passage 146-155 développe une allusion transparente à la sodomie ; nous savons que les homosexuels – dont on admet aujourd’hui que Villon faisait partie1 – fréquentaient certaines tavernes : pourquoi pas le Mortier d’or ? Enfin, Guillaume et François résidaient au cloître Saint-Benoît, nommé au v. 143. L’auteur pourrait donc être un camarade de Villon, comme le fut probablement l’auteur des Repues franches de maistre Françoys Villon et ses compaignons. En tout cas, l’œuvre ne manque pas de finesse, quoi qu’en disent les puritains.

Les chambrières et les nourrices n’étaient pas réputées pour leur pudeur farouche, comme le soulignent nombre de textes comiques. Il existe par exemple une autre Farce des Chambèrières (F 51) ; et dans le recueil du British Museum, notre pièce est précédée par un croquignolet Débat de la Nourrisse et de la Chambèrière, où l’on trouve aussi un clerc nommé Johannès.

Source : Recueil du British Museum, n° 50.

Structure : Rimes plates.

Cette édition : Cliquer sur Préface. Au bas de cette préface, on trouvera une table des pièces publiées sur le présent site.

 

*

 

Farce nouvelle des

Chambèrières

qui vont à la messe de cinq heures

pour avoir de l’eaue béniste

 

*

 

À quatre personnages, c’est assavoir :

    DOMINE JOHANNÈS

    TROUSSETAQUEUE 2

    LA NOURRISSE

    SAUPIQUET 3

 

*

 

                             SAUPICQUET  commence                     SCÈNE  I

            Troussetaqueue, hastons-nous viste !

            Si voulons estre à l’eaue béniste4

            De cinq heures, il nous fault partir.

          TROUSSETAQUEUE

            Saupicquet, pour vous advertir,

5     Enda ! je suis toute lassée5.

          SAUPICQUET

     Pourquoy ?

          TROUSSETAQUEUE

             M’amye, de nuictée

     Ne reposay. Ceste bigote

     (Par sainct Velu !) qui est mon hoste6

     Vouloit faire la renchérie

10    Hier au soir, et par fâcherie

     Ne vouloit point aller coucher

     Avec Monsieur, ne luy toucher ;

     Mais vouloit faire un lict à part.

          SAUPICQUET

     Quant elle se trouve à l’escart,7

15    Par ma foy, elle entend bien jeu.

          TROUSSETAQUEUE

     El(le) disoit qu’elle avoit fait veu

     À madame saincte Nytouche

     De ne coucher (mais, bonne bouche,

     Pour l’amour de son amarry8)

20    Jamais avecques son mary

     Les vendredis et samedys.

          SAUPIQUET

     Il sembloit doncques, à ses ditz,

     Qu’el9 fût tendre du petit ventre.

          TROUSSETAQUEUE

     Je croy, par ma foy, qu’on y entre

25    Assez souvent sans chaussepied.

          SAUPICQUET

     Ma maistresse est femme de pied10 :

     El n’a garde de faire telz veux11.

     Elle en logeroit avant deux

     Que son « logis » ne fust fourny12 !

          TROUSSETAQUEUE

30    Si, est mon maistre bien garny

     De vitailles13 pour un repas.

     Il luy dit : « [Ne] viendrez-vous pas

     [Vous] coucher tost en vostre lieu ? »

     « – Nenny, [car] j’ay promis à Dieu. »

35    Ce disoit ma maistresse. Adonc

     Dist mon maistre : « Je m’en vois donc

     Coucher avec(ques) Troussetaqueue,

     Nostre chambrière. »

          SAUPICQUET

                   Si la queue

     Fust dressée, tu eusses, ce croy,

40    Esté bien fière14 ! Mais, par ta foy,

     [Ne] l’eusses-tu pas bien voulu ?

          TROUSSETAQUEUE

     Pourquoy non ? S’il fust [ad]venu

     Que mon maistre m’eust accollée,

     J’estois maistresse.

          SAUPICQUET

                 À la vollée

45    Se fait15 de bons marchéz, sans doubte.

      Monsieur et Madame j’escoute

     Aucunesfois, quand sont couchéz.

     Ma maistresse dit : « Approchez,

     Mon amy ! Et pour ce matin,

50    N’oubliez pas le picotin16. »

     Et mon maistre respond tousjours :

     « M’amye, nous sommes en décours17 ;

     Attendre fault la plaine lune

     Et le croissant18. »

          TROUSSETAQUEUE

                 C’est la commune

55    Deffaicte. Que fait Saupiquet

     Quand telz motz oyt ?

          SAUPICQUET

                      Je vous prometz,

     M’amye, que, de force de rire,

     Je suis contraincte (à bref vous dire)

     Mordre mes draps à belles dentz !

          LA  NOURRISSE                     SCÈNE  II

60    Je suis venue assez à temps

     Pour aller ensemble à la messe

     De cinq heures.

          TROUSSETAQUEUE

                Puis, nourrisse ? Esse,

     Par ta foy, après desjeuner19 ?

          LA NOURRISSE

     Ma foy, je n’y puis que20 jeusner,

65    Tant ay mal au cueur, au matin.

     Si je ne boy troys doigtz de vin,

     Je ne fais bien de la journée.

          TROUSSETAQUEUE

     Il semble que soyez débiffée21 :

     Vous avez la couleur tant pasle !

          SAUPIQUET

70    Elle sent trop souvent le masle :

     Je croy qu’elle encharge22 d’un filz.

          LA NOURRISSE

     Si, a-il long temps que ne fis

     Bonne chère entre deux tresteaulx23.

          SAUPICQUET

     Tu n’es point orde à tes drapeaulx24,

75    Car tu es souvent remuée…

          TROUSSETAQUEUE

     El(le) veult faire bonne buée25 :

     El(le) manie souvent le pissot26.

          LA NOURRISSE

     Par ma foy ! il seroit bien sot,

     Qui me27 penseroit restouper28.

          TROUSSETAQUEUE

80    [Ne] te sens-tu point dégoustée ?

     Le « morceau » te semble-il amer ?

          LA NOURRISSE

     Je pers le boire et le menger,

     Alors que le mal me presse.

          SAUPICQUET

     Tu semble aux sainctz29 de la parroisse :

85    Tousjours as la « cheville » au trou.

          TROUSSETAQUEUE

     Il ne luy chault pas beaucoup où30,

     Mais qu’el(le) rue31 son coup à l’emblée.

          SAUPIQUET

     Il y aura bonne assemblée32,

     S’elle n’emporte la victoire !

          LA NOURRISSE

90    Il y a un prothenotaire33

     Qui vient souvent à nostre hostel.

     Mais entendez : le cas est tel

     Qu’il baise34 souvent ma maistresse.

     On y songe de la finesse

95    Plus fine que vous ne pensez.

          TROUSSETAQUEUE

     [Et] ne la fait-il point dancer35

     Aucunesfois la basse note ?

          LA NOURRISSE

     Ma foy, m’amye, cela desnote36 :

     Mon maistre est bon37 à appaiser

100   De peu de chose !

          SAUPICQUET

                     Le38 baiser

     De chambrières ou de maistresses,

     C’est un adjournement39 de fesses.

          TROUSSETAQUEUE

     Voire, qui seroit dangereuse40

     Du « bas ».

          SAUPIQUET

             Vous estes bien heureuse,

105   Nourrisse, d’avoir [à bandon]41

     Pain et vin en vostre maison.

          LA NOURRISSE

      Et puis le beau vin de coucher42 :

     Par ma foy ! il n’y a rien cher43,

     Quand le prothenotaire y vient.

         TROUSSETAQUEUE

110   Ma foy, m’amye, à rien ne tient

     Que nostre maison ne soit riche ;

     Mais ma maistresse est si chiche,

     Enda, qu’el(le) me fait bien tirer

     Tout en gros un demy septier

115   Pour elle et mon maistre. Mais mot44 !

     El(le) me fait mettre de l’eaue au pot

     Bien largement, n’en doubtez point,

     Pourtant que Monsieur n’en met point

     En son vin durant le disner.

          SAUPICQUET

120   Nous pourrions [cy] tant séjourner

     Que nous perdrions l’eaue béniste.

          TROUSSETAQUEUE

     La messe n’est pas encor(e) dicte,

     On la sonne de tous costéz.

          LA NOURRISSE

     Où irons-nous ?

          TROUSSETAQUEUE

                Mais, escoutez,

125   Allons à Sainct-Paul45 hardiement.

          SAUPICQUET

     Aller à Sainct-Paul ? Mais comment !

     On dit [qu’]après que le vicaire

     Eut fait tout ce qu’il vouloit faire

     De sa chambrière, il luy mist46 sus

130   Qu’elle a desrobé ses escus !

          LA NOURRISSE

     Montons là-hault47 vers Sainct-Estienne :

     Nous y trouverons quelque moyne

     Qui dira la messe de prime.

          SAUPICQUET

     C’est bien dit ; car comme j’estime,

135   L’aspergès48 d’un moyne, sans doubte,

     Est si bon qu’il n’en jette goutte

     Qu’el(le) ne soit béniste deux fois.

          LA NOURRISSE

     Enda ! je voys aucunesfois49

     À Sainct-Benoist.

          SAUPIQUET

                Ce n’est pas jeu50 !

140   J’entens que les bastons à feu51

     Y ont, cest an, sonné si ferme

     Qu’ilz ont estonné tout le germe

     De toutes mes dames [du Cloistre]52,

     Qui n’a peu proffiter ne croistre

145   En sorte qu(e) ayent peu engrossir.

          TROUSSETAQUEUE

     Je ne prens point trop grand plaisir

     À leurs eaues bénistes : j’entens

     Qu’on y a fait, puis peu de temps,

     Un aspergès, mais assez or[d],

150   Non pas , mais au « mortier d’or53 »…

          LA NOURRISSE

     Comment ?

          [TROUSSETAQUEUE]

             En lieu de verjus,

     J’ay entendu qu’on mist du jus

     D’un clistère au moyne, se dit-on,

            Pour54 l’eaue béniste d’un chappon…

          SAUPICQUET

155   Ilz estoient bien à55 loysir !

          TROUSSETAQUEUE

     Nous avons assez beau choisir56 :

          Nous sommes au plus fort de Paris.

          LA NOURRISSE

           Voicy trop de charivaris,

           Et fusse pour un pèlerin

160   De Romme !

                           TROUSSETAQUEUE

                                 Allons à Sainct-Sév(e)rin :

           Dom(i)ne Johannès57 dit la messe,

           Qui fait si bien que c’est noblesse

           L’aspergès à ses chambrières.

                            SAUPICQUET

           Dea ! je ne croy pas que son père

165   Ne fust du mestier58 comme luy.

                            LA  NOURRISSE

           Ne tençons pas mèshuy icy.

                            TROUSSETAQUEUE

           Nourrisse, vous avez grand haste.

                            SAUPIQUET

           Puis qu’el(le) n’a plus ne pain, ne paste,

           El(le) n’enrage que de bluster59.

                           DOMINE  JOHANNÈS                SCÈNE  III

170   Asperges me, Domine,

           Ys[s]opo, et lavabis me.

           Miserere mei, Deus !60

           Aprochez-vous ! Qui dit « J’en veulx » ?

          Gloria Patri !61 N’en vient-il point ?

                           TROUSSETAQUEUE

175   Nous sommes venues62 bien apoint

           Pour l’eaue béniste recevoir

           Des premières.

                           LA NOURRISSE

                                      J’en veulx avoir

           Devant qu’il y ayt plus grand foulle.

                           SAUPICQUET

           Vostre eaue béniste bien me coulle,

180   Dom(i)ne Johannès : jettez fort !

                           DOMINE   JOHANNÈS

           Mes dames, vous avez grand tort.

                           TROUSSETAQUEUE

           Tu lavabis me hardiement !

                           LA  NOURRISSE

            Dea, dom(i)ne Johannès : et comment !

            La nourrisse n’aura-el(le) rien ?

                           DOMINE  JOHANNÈS

185   Paix là ! je vous fourniray bien.

           Asperges [me]…

                           SAUPICQUET

                                       Deçà63, deçà !

                           DOMINE  JOHANNÈS

           Attendez, chacun en aura,

           Mais je ne puis tout faire ensemble.

           Asperges… Je croy qu’il vous semble

190   Que mon « eaue » fault64 ? Non fait, jamais.

                           SAUPICQUET

           Encores, dom(i)ne Johannès !

           Asperges me hardi[e]ment,

           Et lavabis me [promptement] !

                           TROUSSETAQUEUE

           Jettez plus fort ! Vostre aspergès

195   Est par trop court.

                           DOMINE  JOHANNÈS

                                        Approchez vous près,

           Mon coup ne s’estend pas si loing.

                            SAUPICQUET

           Par ma foy ! j(e) y mettray la main,

           Se ne faictes vostre devoir.

                           TROUSSETAQUEUE

           Cette folle veult tout avoir.

200   Sainct Jehan ! j’en auray comme vous.

                           SAUPICQUET

           Au moins, maniez-le tout doulx :

           Vous y allez moult rudement.

           Si vous romp[i]ez l’instrument

           De [dom(i)ne Johannès]65, dommage

205   Ce seroit.

                           LA  NOURRISSE

                             Et si en auray-je,

           Par la mercy Dieu, [quoy qu’on en ayt]66 !

           Ou je vous happ(e)ray au « collet »67

           Et fussiez-vous dom(i)ne Johannès

           De Sainct-Sév(e)rin !

                           TROUSSETAQUEUE

                                              Vous [le] romp(e)rez :

210   Son vipillon laissez entier68 !

                           SAUPICQUET

            S’el(le) l’avoit en son benoistier69,

           Elle aymeroit plus cher mourir

           Que l’oster, et y deust-il pourrir !

                           DOMINE  JOHANNÈS

           Par ma foy ! [plus] je ne sçaurois

215   Ainsi fournir à toutes trois :

           Plus n’ay d’eaue à mon benoistier70.

                           LA  NOURRISSE

           La nourrisse en a bon mestier71,

           De si petit qu’il en y a72.

                           DOMINE  JOHANNÈS

           Or, taisez-vous ! on vous fera

220   Bien mieulx.

                           TROUSSETAQUEUE

                                 Et quoy ?

                           DOMINE  JOHANNÈS

                                                    Vous vous en yrez ;

           Et puis dimenche reviendrez,

           Et je y fourniray (mais qu’on vueille

           Escouter un peu à l’oreille)

           À chascune d’un vipillon.

                           TROUSSETAQUEUE

225   Que j’en aye bon eschantillon !

                           DOMINE  JOHANNÈS

           Du meilleur endroit de la beste

           Qui s’enfle au pot73

                           SAUPIQUET

                                               Pour ceste feste,

            Je me passeray74 bien au vostre,

           Dom(i)ne Johannès.

                           LA  NOURRISSE

                                                 Que le nostre

230   Soit bon et gros, [n’y faillez point] !

                          DOMINE  JOHANNÈS

           [Assez] pour tenir à plain poing.

                           SAUPICQUET

           [Il seroit bien gros, par ma foy,]75

            Si elle en faisoit à deux fois !

                           LA  NOURRISSE

             Quelle vïande ce seroit,

235   Pour bien renouveller le laict

            Des nourrisses, […… -née] !

                           TROUSSETAQUEUE

         Elle emprunte sur [la fournée]76

         Souvent un pain pour son repas.

                           LA  NOURRISSE

         Je vous prie, ne faillez donc pas.

                           DOMINE  JOHANNÈS

240   Ne vous souciez, croyez-moy.

         Allez-vous-en chascun par soy.

                           SAUPICQUET

         Nourrisse, vous estes caulte77

         En pourchatz.

                           LA  NOURRISSE 78

                                      Mais qu’il n’y ayt faulte,

         Car a[près] vous nous attendrons !

                           DOMINE  JOHANNÈS

245   Allez-vous-en en voz maisons

           Veoir si l’endouille est [jà] rostie79 !

           Je m’en vois d’une autre partie.

            Prou vous face80 la compagnie !

 

                                              FIN

 

 *

 

1 Pierre Guiraud : Le Jargon de Villon ou le gai savoir de la Coquille. Christine Martineau-Génieys : L’Homosexualité dans le Lais et le Testament de François Villon. Yvan Lepage : François Villon et l’homosexualité. Thierry Martin : Ballades en argot homosexuel de Villon, etc.   2 Voir la Farce des Queues troussées (F 6).   3 Sauce piquante ; mais aussi : mauvais tour. En argot : casseur de coffres. « Saupicqués frouans des gours arques. » (Villon, Ballade en jargon n° 4.) Dans la farce, il s’agit d’une chambrière.   4 La messe de prime (vers 133), la première de la journée, était dite à 5 heures du matin. Dans notre farce, l’eau bénite désigne le sperme : « Cette eau bénite dont le père Jérôme t’arrosa un jour la gorge. » Dom Bougre.   5 BM : fresche  (Montaiglon <cf. note 7> : « Le mal qu’elle a est qu’elle est fort lassée :/ Huyct jour [y] a qu’elle ne s’est point couchée. ») Enda est un juron féminin : vers 113, 138.   6 Qui m’héberge chez elle : autrement dit, ma patronne. Saint Velu est le héros priapique d’un sermon joyeux (Koopmans, Recueil de Sermons joyeux, Droz, 1988, n° 29).   7 Le Caquet des bonnes chambèrières  (Montaiglon, Recueil de Poésies françoises, V, p.79-80) reprend les vers 7-27, 46-50, 57-59, et 90-97 de notre farce. Il donne ici : Quoy qu’elle en voulsist pour sa part/ Deux piedz voire, pour tout le moin,/ Plustost aujourd’huy que demain.   8 Au profit de son soupirant. BM intervertit les vers 19 et 20, que je rétablis d’après Montaiglon.   9 BM : Quil – Montaiglon : Qu’elle  (Il y avait des femmes tendres du bas <T 23>, et des femmes tendres du cul <BM 10>.)   10 A les pieds sur terre.   11 Des vœux à sainte Nitouche (vers 16-17).   12 Elle en engloutirait deux avant que son vagin ne soit plein.   13 De victuailles, c’est-à-dire de vit. D’où la locution : « Être bien envitaillé. »   14 Si tu l’avais refusée.   15 Il se fait.   16 Ma ration de sperme. Cf. le Jeu du Prince des Sotz, note 7.   17 Déclin, débandade.   18 La croissance, l’érection.   19 As-tu déjà déjeuné ? Les nourrices étaient des goinfres et des ivrognes.   20 BM : plus   21 En mauvais état.   22 Qu’elle est enceinte. On reprochait aux nourrices leurs mœurs dépravées : « Nous aymons mieulx (respond une nourrice)/ Ung pié d’andouille entre les deux jambons. » Parnasse satyrique.   23 Les tables étaient des planches posées sur deux tréteaux.   24 Ton linge ne risque pas d’être poussiéreux.   25 Lessive.   26 Le robinet du cuvier à linge, et celui de l’homme.   27 BM : te   28 BM : rescourre  (Retouper = boucher un trou, une vulve : « Mais n’oubliez pas vostre broche:/ Tousjours avons un fer qui loche/ Ou quelque trou à restoupper. » Les Femmes qui font escurer leurs chaulderons.)  La rime restouper/dégoustée est irrégulière, mais pensez/dancer aussi, à 95.   29 Aux icônes suspendues à une cheville.   30 Dans quel trou. V. le vers 150.   31 Tire.   32 C’est qu’il y aura vraiment beaucoup d’hommes.   33 Un protonotaire, un secrétaire pontifical.   34 Embrasse.   35 Montaiglon donne ici : « Il luy faict dancer une dance,/ Combien qu’il ne soit ménestrier ;/ Il la chevauche sans estrier,/ Sans avoir esperon ne botte,/ Le trihory en basse notte. »   36 Démontre que.   37 Facile.   38 BM : De   39 Une promesse.   40 Pour une femme qui serait exigeante.   41 BM : habandon  (à bandon = à discrétion.)   42 « On appelle Vin de coucher un verre de vin, ou une petite collation qu’on présente à ceux qui se mettent au lit. » Furetière.   43 Rien n’est trop cher.   44 Chut ! Ne dites mot !   45 L’ancienne église Saint-Paul-des-Champs, sise dans le Marais, est trop loin. J’opterais plutôt pour l’ex-église Saint-Côme. Le vers 126 deviendrait : Aller à Sainct-Cosme ? Et ! comment ?   46 BM : met  (Mettre sus = mettre sur le dos de quelqu’un, accuser.)   47 L’ancienne église Saint-Étienne-du-Mont trônait au sommet de la montagne Sainte-Geneviève.   48 Le goupillon, avec un sens phallique. « Car oncques ne luy atouchay [je ne l’ai touchée]./ –L’aspergès si fut esmouché ? » Mistère d’une jeune fille.   49 Je vais parfois. L’Église Saint-Benoît-le-Bétourné [le mal tourné, parce qu’elle était orientée à l’ouest] fut victime du vandalisme d’Haussmann, comme tant d’autres merveilles du Moyen Âge que le vandalisme révolutionnaire avait épargnées.   50 Ce n’est pas sans danger.   51 Les armes à feu, dont le bruit a fait avorter des religieuses enceintes. V. ma notice.   52 BM : des carmes  (Des bénédictines fréquentaient les chanoines du cloître Saint-Benoît.)   53 Non par-devant, mais par-derrière. Le mortier avait un sens libre : « L’outil de mariage…. après avoir bien pilé en son mortier, il crache dedans. » (Béroalde de Verville.)  L’or, avec un jeu de mots sur ord [sale], désignait les excréments : « L’or de touche est au cul des foiratiers. » (Molinet.)  Dans sa traduction des Poèmes homosexuels de Villon <GKC, 2007, p.23, note 2>, Thierry Martin voit dans ce mortier d’or une allusion à la sodomie.   54 À la place de. Le chapon [coq châtré] est un homme efféminé.   55 BM : a de  (Être bien à loisir = ne pas s’en faire : « J’estois bien à loisir quand j’escrivois cecy. » Brantôme.)   56 Choix, en matière d’églises.   57 Faut-il identifier le paillard Johannès au cardinal Guillaume d’Estouteville, chanoine de l’église Saint-Séverin et père d’au moins cinq enfants ? Dans le Laiz et dans le Testament, Villon parlera de son cousin, Robert d’Estouteville, prévôt de Paris.   58 Ait été un aussi bon prêtre que son fils. En effet, le père de Guillaume exerçait la sinécure de grand bouteiller de France.   59 Tamiser la farine ; et coïter : « En cas que autant de foys je ne belute ma femme future la première nuyct de mes nopces. » Rabelais, Tiers Livre, 11. Il manque un vers en -ter.   60 « Tu m’aspergeras, Seigneur, avec de l’hysope, et tu me laveras. Aie pitié de moi, mon Dieu ! » L’hysope est une plante aphrodisiaque : v. note 92.   61 Gloire au Père ! (Au grand bouteiller de France ?)   62 BM : venus  (Rappelons que nous avons affaire à trois comédiens travestis en femmes. Les vers 187 et 241 portent chacun au lieu de chacune.)   63 Par ici !   64 Fait défaut, manque. Sa vantardise est digne de Panurge : « Me avez-vous trouvé en la confrairie des faultiers [impuissants] ? Jamais, jamais, au grand fin jamais ! » Tiers Livre, 11.   65 BM : messire Jehan quel  (Confusion avec un des nombreux curés farcesques baptisés « messire Jehan » : cf. le Testament Pathelin.)   66 BM : qui que en die  (Quoi qu’on en pense. « Ici, quoi qu’on en ait, les gens ont la manie/ De vous trouver toujours nouvelle compagnie. » Dalban.)   67 Au pénis. « Ce collet qui va en roidissant. » La Fluste à Robin.   68 BM : entrer  (Vipillon = goupillon = phallus : « Laissez les nonnains se donner du goupillon à l’opposite des reins. » Béroalde de Verville.)   69 Ici, le bénitier désigne le sexe de la femme. (Guiraud, Dictionnaire érotique.)   70 Ici, ce mot désigne les testicules. « Au chevet du lit, pour tous jeux,/ Pend un benoistier qui est gourd [lourd],/ Avec un aspergès joyeulx/ Tout plain d’eaue benoiste de Court. » Coquillart.   71 Besoin.   72 Si peu qu’il y en ait.   73 Au vagin. « Glissez-vous au fin fonds du creux ;/ Or fouillez bien au fond du pot. » Joyeusetéz, XIII.   74 Je me contenterai.   75 BM : Par ma foy il seroit bien gros  (La rime foy/fois présente la même irrégularité que Saupiquet/prometz, ou chambrières/père.)   76 BM : lautre cuisse  (Emprunter un pain sur la fournée = faire l’amour avant le mariage. « Les filles donnent tant de privauté aux jeunes gens, que bien souvent ils empruntent un pain sur la fournée. » Caquets de l’accouchée.   77 Cauteleuse, rusée.   78 Elle s’adresse à Johannès.   79 Allez voir ailleurs si j’y suis ! Mais l’andouille est un cliché de la littérature érotique : cf. le Sermon de l’endouille (Koopmans, n° 7).   80 Grand bien vous fasse. Cet ultime vers a été ajouté.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :