LES GENS NOUVEAULX

British Museum

British Museum

*

LES GENS NOUVEAULX

 

*

Cette moralité postérieure à 1483 est la face négative et pessimiste du Monde qu’on faict paistre. Comme dans beaucoup de sotties, nous avons ici la mise en scène d’une expression : être logé de mal en pire. [« Pire » au lieu de « pis », aujourd’hui considéré comme une faute, est attesté depuis le XII° siècle, et a gagné ses lettres de noblesse grâce au Roman de la Rose : « Car j’en porroie bien tant dire/ Qu’il m’en iroit de mal en pire. »]

Source : Recueil du British Museum, n° 58. Pour une fois, le texte de base est en bon état.

Structure : Rimes plates, avec ballade, chanson balladée, chanson, chanson en rimes annexées, rimes croisées, triolet, chanson en rimes annexées, final mêlé.

Cette édition : Cliquer sur Préface.

*

Farce nouvelle moralisée des

Gens Nouveaulx

qui mengent le Monde et le logent de mal en pire

*

À quatre personnages. C’est assavoir :

     LE PREMIER NOUVEAU

     LE SECOND NOUVEAU

     LE TIERS NOUVEAU

     LE MONDE

 

*

                            LE PREMIER NOUVEAU  commence         SCÈNE  I

        Qui, de nous, se veult enquérir,

        Pas ne fault que trop se démente :

        Nostre renom peult-on quérir,

        Com verrez, à l’heure présente.

5   Des anciens ne vient la sente,

        Combien qu’ilz fussent fort loyaulx.

        Chascun à par soy se régente.

        Somme, nous sommes Gens Nouveaulx.

                             LE SECOND NOUVEAU

        À Gens Nouveaulx, nouvel coustume !

10  Chascun veult veoir nouvelleté.

        Bien sçavons que tel l’oyson plume,

        Qu’au menger n’est pas invité.

        Et pour vous dire vérité,

        Nous avons noms1 mignons et beaulx

15  Pour procéder en équité :

        Somme, nous sommes Gens Nouveaulx.

                             LE TIERS NOUVEAU

        Du temps passé n’avons que faire,

        Ne du faict des gens anciens ;

        L’on l’a paint ou mys par hystoire,

20  Mais de vray, nous n’en sçavons riens.

        S’ilz ont bien faict, il ont leurs biens ;

        S’ilz ont mal faict, aussi les maulx.

   Nous allons par aultres moyens :       

   Somme, nous sommes Gens Nouveaulx.

          LE PREMIER

25  Gouverner, tenir termes haulx,

        Régenter à nostre appétit

        Par quelques moyens bons ou faulx.

        Nous avons du temps ung petit.

        [Somme, nous sommes Gens Nouveaulx.]

          LE SECOND

30  Les vieulx ont régné, il souffit ;

        Chascun doit ré[g]ner à son tour.

   Chascun pense de son proffit,

        Car après la nuyt vient le jour.

          LE TIERS

        Or ne faisons plus de séjour,

35  Et avisons qu’il est de faire.

          LE PREMIER

        Compaignons, il est nécessaire

        D’aller ung petit à l’esbat

        (À nouveaulx gens, nouvel estat,

        Puis que les Gens Nouveaulx nous somes),

40  Acquérir de bruit si grans sommes

        Que par tout il en soit nouvelles.

           LE SECOND

        Faisons oyseaulx voller sans elles2,

        Faisons gens d’armes sans chevaulx.

        Ainsi serons-nous Gens Nouveaulx.

          LE TIERS

45  Faisons advocatz aumosniers3 ;

        Et qu’ilz ne prennent nulz deniers

        (Et sur la peine d’estre faulx).

        Ainsi serons-nous Gens Nouveaulx.

          LE PREMIER

        Faisons que tous couars gens d’armes

50  Se tiennent les premiers aux armes

        Quant on va crier aux assaulx.

        Ainsi serons-nous Gens Nouveaulx.

          LE SECOND

        Faisons qu’il n’y ait nulz sergeans

        Par la ville ne par les champs

55  S’ilz ne sont justes et loyaulx.

        Ainsi serons-nous Gens Nouveaulx.

          LE TIERS

        Faisons que tous ces chicaneurs,

        Ces prometteurs4, ces procureurs

        Ne seignent plus mémoriaulx5.

60  Ainsi serons-nous Gens Nouveaulx.

          LE PREMIER

        Faisons que curéz et vicaires

        Se tiennent en leurs presbytaires

        Sans avoir garces ne chevaulx.

        Ainsi serons-nous Gens Nouveaulx.

          LE SECOND

65  Or faisons tant que ces gras moynes,

        Ces gras prieurs et ces chanoines

        Ne mangeüssent plus gras morceaulx.

        Ainsi serons-nous Gens Nouveaulx.

          LE TIERS

        Faisons que tous les médecins

70  Parviennent tousjours en leurs fins6

        Et qu’ilz guérissent de tous maulx.

        Ainsi serons-nous Gens Nouveaulx.

           LE PREMIER NOUVEAU

        Cheminons par mons et par vaulx

        En pourchassant nostre aventure.

75  C’est droict, c’est le cours de nature.

        Nostre cours dure, maintenant.

        Les anciens ont faict devant

        Leurs jours ; il fault les nostres faire.

        Gens Nouveaulx ne se doivent taire.

80  Car nous avons des anciens,

        Par succession, tous leurs biens,

        Quelque part qu’ilz soyent vertiz.

          LE SECOND

        Pourquoy ne sont-ilz bien partis7 ?

        Ilz en avoyent tant, mère Dieux !

          LE TIERS

85  Ilz sont cachéz en tant8 de lieux,

        Voyre, qu’on ne sçait où ilz sont.

          LE PREMIER

        Massons qui vielles maisons font

        En trouvent souvent à plains potz ;

        Mais quant à nous, nescio vos9 !

          LE SECOND

90  C’est ung point trop mal assorté :

        Les gens vieulx ont tout emporté.

        Ilz ont fondé tant de chanoines,

        Tant d’abaÿes, tant de moynes,

        Que les Gens Nouveaulx en ont moins.

          LE TIERS

95  Que servent ung tas de nonnains

        Que mon père jadis fonda,

        Et cinq cens livres leur donna,

        Dont j’en suis povre maintenant ?

          LE PREMIER

        J’en peulx bien dire peu ou tant.

100 Que peult estre tout devenu,

        Que nous n’avons le résidu ?

        Il nous devroit appartenir.

          LE SECOND

        C’est faulte de sa part tenir.

          LE TIERS

        Or sus ! Ilz sont mors, de par Dieu,

105 Et si, ne sçavons en quel lieu

        Estoyent leurs trésors souverains.

          LE PREMIER

        Voulentiers, à ses jours derrains10,

        Ung riche cèle sa richesse.

          LE SECOND

   Unde locus11. Mais pourquoy esse ?

110 Pourquoy n’en ont-il souvenir ?

          LE PREMIER

        Ilz cuident tousjours revenir ;

        Mais espérance les déçoit,

        Et par ainsi on apparçoit

        Que plusieurs ont esté déceuz.

                              LE SECOND

115 Or prenons ung chemin ! Sus, sus !

        Chascun en son propos se fonde !

                              LE TIERS

        Il nous fault gouverner le Monde,

        Vélà nostre faict tout conclus.

        Aux anciens n’appartient plus,

120 C’est nous qui devons gouverner.

                              LE PREMIER

        Riens ne nous vault le séjourner ;

        Allons veoir que le Monde faict.

                             LE MONDE  [chante]               SCÈNE II

        « Et ! que sera-ce de mon faict ?

        Pourquoy m’a laissé Zéphirus12 ?

125 Je suis tout destruit et deffaict ;

        Tous mes biens sont à Neptunus13.

        Jamais asseuré je ne fus

        Pour ce que j’avoye espérance ;

        Mais maintenant je n’en puis plus :

130 Le Monde vit en grant balance. »

                              LE PREMIER                    SCÈNE III

        Ho ! j’oy14 le Monde. Qu’on s’avance :

        Il fault tirer par-devers luy.

                              LE SECOND

        Gardons-nous de luy faire ennuy,

        Traicter le convient doulcement.

                              LE PREMIER

135 Et puis, Monde ? Comment… comment…

        Comment se porte la santé15 ?

                              LE MONDE

        Honneur et des biens à planté

        Vous doint Dieu, mes bons gentilz homes !

                              LE PREMIER

        Vous ne sçavez pas qui nous sommes ?

          LE MONDE

140 Ma foy, je ne vous congnois rien.

          LE PREMIER

        Par ma foy ! je vous en croy bien,

        Monde : nous sommes Gens Nouveaulx.

          LE MONDE

        Dieu vous guarisse de tous maulx,

        Gens Nouveaulx ! Que venez-vous faire ?

          LE SECOND

145 C’est pour penser de ton affaire,

        Et de ton estat discerner.

          LE TIERS

        Nous venons pour te gouverner

        Pour ung temps à nostre appétit.

          LE MONDE

        Vous y congnoissez bien petit.

150 Dieu ! tant de gens m’ont gouverné,

        Depuis l’heure que je fus né !

        En moy ne vis point d’asseurance ;

        J’ay esté tousjours en balance ;

        Encores suis-je pour ceste heure.

155 Le peuple trancille16 et labeure,

        Et est de tous costéz pillé.

        Quant labeur17 est bien tranquillé,

        Il vient ung tas de truandailles

        Qui prennent moutons et poulailles.

160 Marchandise ne les marchans

        N’osent plus aller sur les champs.

        Et chascun dessus moy se fonde

        En disant : « Mauldit soit le Monde ! »

        J’en ay, pour rétribution,

165 Du peuple malédiction ;

        C’est le salut que j’[en] emporte.

           LE PREMIER

        Vous gouverne-on de tel sorte ?

        Qui faict cela ?

           LE MONDE

                                          Gens envieux,

        Qui sont de guerre curieux

170 Et vivent tousjours en murmure,

        Et jamais de paix n’eurent cure.

        Ceulx-là ont mon gouvernement

        Sans sçavoir pourquoy ne comment,

        Ne à quelle fin il prétendent.

175 Je ne sçay que c’est qu’ilz attendent

        Et [je] ne sçay qu’ilz deviendront.

        Je cuide qu’ilz me mengeront,

        Se Dieu, de brief, n’y remédie.

          LE SECOND

        Taisez-vous, Monde : non18 feront ;

180   Gens Nouveaulx vous en garderont,

        Quelque chose que l’on vous die.

          LE MONDE

        Il vous court une pillerie19,

        Voyre, sans cause ne raison.

        Labeur n’a riens en sa maison

185 Qu’ilz n’emportent : vélà les termes.

        Et si, ne sont mie gens d’armes20

        Qui soyent mys à l’ordonnance,

        Servans au royaulme de France ;

        Ce ne sont q’ung tas de paillars,

190 Meschans, coquins, larrons, pillars !

        Je prie à Dieu qu’i les confonde !

           LE TIERS

        Paix ! Nous vous garderons, le Monde,

        Et vous deffendrons contre tous.

           LE MONDE

        Je seroye bien tenu à vous

195 Et le verroye voulentiers.

           LE PREMIER

        Monde, il nous fault des deniers,

        Et puis après aviserons

        Que c’est que de vous nous ferons.

        Il n’y a point de broullerie21.

           LE MONDE

200 Vous venez donc par pillerie ?

        Je ne l’entens pas aultrement.

           LE SECOND

        Nous venons ne vous chault comment.

        Tantost vous le congnoistrez bien.

           LE MONDE

        Ne me doit-il demourer rien ?

           LE PREMIER

205 Vivre fault par quelque moyen.

        Voycy pour moy.

           LE TIERS

                                            Cecy est mien.

        Monde, il fault avoir sa vie.

           LE MONDE

        Je prie à Dieu qu’il vous mauldie !

        Esse-cy le commencement

210 De vostre beau gouvernement ?

        Gens Nouveaulx sont-ilz de tel sorte ?

           LE PREMIER

        Monde, plains-tu ce que j’emporte ?

        Quaquettes-tu ? Que veulx-tu dire ?

           LE MONDE

        Nenny, je ne m’en fais que rire.

215 J’ay assez plus que tant22 perdu !

           LE SECOND

        Nous ne l’avons pas despendu23 ;

        Ceulx qui le diront seront foulz24.

           LE MONDE

        S’ont esté telz gens comme vous.

        Ainsi, je suis de tous assaulx,

220 Pillé des vieulx et des nouveaulx.

        Je ne sçay quel part je me boute.

           LE TIERS

        Ce n’est pas tout.

           LE MONDE

              J’en foys bien doubte25.

           LE PREMIER

        Aussy t’y doibz-tu bien attendre.

           LE MONDE

        Au moins, quant n’y aura que prendre,

225 Vous ne sçaurez que demander.

        La[s] ! je pensoye qu’amender

        Il me deust de vostre venue…

        Il n’est rien pire soubz la nue

        Que Gens Nouveaulx de maintenant.

           LE SECOND

230 Nous vous gouvernerons contant,

        Monde. Cheminez quant et nous26.

           LE MONDE

        Voyre, mais où me merrez-vous27 ?

        Je le vouldroye bien sçavoir.

           LE PREMIER

        Taisez-vous, nous ferons devoir.

235 Ne vous soucyez, ne vous chaille :

        Nous le faisons pour bruit avoir.

           LE MONDE

        Or çà donc[ques] ! il fault sçavoir

        Quelz gouverneurs [cy] on nous baille.

           LE SECOND

        De vous, aurons et grain et paille.

           [LE MONDE]

240 Par ma foy, je n’en doubte pas !

           LE PREMIER

        Cheminez encore deux pas,

        Et puis nous vous abrégerons.

           LE MONDE

        Où esse que nous logerons ?

        J’en suis grandement en soucy.

           LE SECOND

245 Ne vous chaille ; c’est près d’icy.

        Sans cheminer jà plus aval,

        Logez-vous icy.

           LE MONDE

              Je suis mal,

        Et à mal m’avez amené.  [Il chante.]

        « Ô povre Monde infortuné !

250 Fortune, tu m’es bien contraire.

        Contraire dès que je fuz né,

        Ne fuz qu’en peine et en misère.

        Misérable, que doy-je faire ?

        Faire ne puis pas bonne chère28 :

255 Cher me sont trop les Gens Nouveaux29.

        Nouvellement sourdent assaulx.

        Vivre ne peult le povre Monde.

        Monde souloye estre30, jadis ;

        Jadis, portoye face faconde31 ;

260 Faconde32 estoye en plaisant[z] dis ;

        Dis je disoye. Et je larmis

        Larmes et pleurs de desplaisance.

        Plaisir me fault33, douleur s’avance. »

            LE PREMIER

        Vous estes logé à plaisance,

265 Monde : c’est le point principal.

            LE MONDE

        Gens Nouveaulx, soubz vostre asseurance,

        Vous m’avez amené à mal.

            LE SECOND

        Venez çà… N’estes-vous pas mieulx

        Que vous n’estiez anciennement ?

            LE MONDE

270 Je regrette le temps des vieulx,

        Se vous me tenez longuement.

            LE TIERS

        Vous desplaisent les Gens Nouveaulx ?

        De quoy menez-vous si grant bruit ?

            LE MONDE

        Au premier, vous me sembliez beaulx ;

275 Mais en vous, n’y a point de fruit.

            LE PREMIER

        Vous plaignez-vous pour si petit ?

        Sommes-nous gens si enragéz ?

            LE MONDE

        Gens Nouveaulx : petit à petit,

        J’ay grant peur que ne me mengez.

            LE SECOND

280 Il fault que vous vous réclamez34,

        À vous le dire franc et court.

            LE MONDE

        Vous estes si trèsaffaméz

        Que ne povez entrer en court35.

            LE TIERS

        Vous parlez en parolles maigres.

285 Dictes vostre desconvenue.

            LE MONDE

        Vous mordez de morsures aigres,

        Gens Nouveaulx, à la bien-venue.

            LE PREMIER

        Les Gens Nouveaulx auront leur tour,

        Puisqu(e) une foys sont esveilléz.

            LE MONDE

290 En me monstrant signe d’amour,

        De nuyt et jour vous me pillez.

            LE SECOND

        Il fault que vous appareillez

        À nous bailler ung peu d’argent,

        Monde.

            LE MONDE

          Si souvent, si souvent ?

            LE TIERS

295 Voyre, si souvent ; plus encor.

        Çà, de l’argent !

            LE PREMIER

               Çà, çà, de l’or,

        Monde ! Nous vous garderons bien.

            LE MONDE

        Or çà ! quant je n’auray plus rien,

        Sur moy ne trouverez que prendre.

            LE SECOND

300 Nous sommes encores à prendre36,

        Monde : endurez ceste saison.

            LE TIERS

        Je cuide que ceste maison

        Luy ennuye ; changeons-luy place,

        Affin que soyons en sa grâce.

305 Monde, voulez-vous desloger ?

        Nous vous ferons ailleurs loger

        Honnestement, mais qu’il vous plaise.

            LE MONDE

        Je ne suis pas fort à mon aise ;

        Je suis en mal, c’est grant soucy.

            LE PREMIER

310 Sus, sus ! vous partyrez d’icy.

        Venez-vous-en !

            LE MONDE

               Dieu me conduye !

            LE TIERS

        Pour guérir vostre cueur transy,

        Sus, sus ! vous partyrez d’icy.

            LE MONDE

        Gens Nouveaulx, faictes-vous ainsi ?

            LE PREMIER

315 Il est conclus, n’en doubtez mye.

            [LE SECOND

        Sus, sus ! vous partyrez d’icy.

        Venez-vous-en !

            LE MONDE

               Dieu me conduye !

            LE PREMIER]

        Vécy plaisante hostellerie,

        Monde : logez-vous-y, beau sire.

            LE MONDE

320 Ha ! Dieu, je voix37 de mal en pire !

        Que me faictes-vous, Gens Nouveaulx ?

        Vous m’estes faulx et desloyaulx :

        Vous me logez de mal en pire.

            LE PREMIER

        Autant vous vault plourer que rire,

325 Monde. Prenez bon réconfort !

            LE MONDE  [chante]

        « Que ne descend tantost la Mort,

        Mordant par diverse poincture ?

        Privé me sens de tout confort.

        Fort est grant le mal que j’endure,

330 Dure dureté et passïon dure !

        Dures pleurs me convient getter,

        Sans nul espoir, fors regréter

        Regretz piteulx, et lamenter

        Lamentz mortelz qu’on ne peult dire.

335 D’ire, me fault tout tourmenter !

        Tourmenté [suis] en grant martire,

        Tiré suis en logis mauldit. »

        Gens Nouveaulx en font leur édit.

        Ha ! Monde, où est le bon temps

340 Que tu plaisoys à toutes gens ?

        Et ores tu es desplaisant.

        Peuple, d’avoir bien ne t(e) attens

        Quant Gens Nouveaulx sont sur les rens :

        Tousjours viendra pis que devant.

           LE SECOND

345 Vous estes en logis plaisant :

        De quoy vous allez-vous plaignant ?

        Vous plaignez-vous de[s] Gens Nouveaulx ?

           LE TIERS

        Se plus vous allez complaignant,

        Encor aurez pis que devant ;

350 Ce ne sont que premiers assaulx.

           LE MONDE

        Or voy-je bien qu’il m’est mestier38

        De le porter paciemment.

        Chascun tire de son cartier

        Pour m’avoir, ne luy chault comment.

355 Vous povez bien veoir clèrement

        Que Gens Nouveaulx, sans plus riens dire,

        Ont bien tost et soubdainement

        Mys le Monde de mal en pire.

                    FINIS

*

1 BM : mons   2 « Voler sans ailes » est une locution très employée, notamment dans les sotties.   3 Transformons les cupides avocats en donneurs d’aumônes.   4 Les promoteurs (officiers de justice ecclésiastique) promettaient beaucoup. Même calembour dans le Capitaine Mal-en-point, v. 175.   5 Ne signent plus d’actes judiciaires. Mais aussi : Ne saignent plus de greffiers.   6 « Que sçavez-vous se médecins/ Parviennent tousjours à leurs fins ? » Sottie des Esbahis (F 3).   7 Répartis.   8 BM : trop   9 Passez votre chemin ! Littéralement : « Je ne vous connais pas. » (Matthieu, XXV, 12.)   10 Derniers.   11 Ça vient de là.   12 Pourquoi le vent ne me pousse-t-il plus ?   13 À l’eau.   14 BM : iay ouy   15 Soucieux de ne pas effaroucher le Monde, il ne trouve pas les mots convenables. Faute de mieux, il se rabat sur un vers de la Farce de Pathelin.   16 S’agite. Peut-être faut-il corriger : travaille.   17 Le travailleur. Idem v. 184.   18 BM : nous  (Ce passage est encombré de vers inutiles pour le sens et pour la rime.)   19 Cf. la sottie Deulx Gallans et Sancté (LV 12) : « Y ne court plus que pillerye/ Au monde. »   20 Ce ne sont pourtant pas des soldats, pour s’adonner ainsi au pillage.   21 D’embrouilles, de tergiversations.   22 Plus que cela. « Pour vous feroye plus que tant. » La Femme à qui son voisin baille ung clistoire (F 28).   23 Dépensé.   24 BM : solz  (Le « s » et le « f » gothiques sont presque semblables.)   25 J’en ai bien peur.   26 Avec nous.   27 Me mènerez-vous.   28 Bonne figure.   29 Ils me coûtent trop cher.   30 J’étais sans souillure. Monde ≠ immonde.   31 Avenante.   32 Fécond.   33 Me fait défaut.   34 Que vous interjetiez appel.   35 Que vous ne pouvez accorder de délais, attendre.   36 On pourrait mettre : comprendre (saisir, attraper).   37 Je vais.   38 Nécessité.

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